25 mars 2012

Etats d’âme (texte)



(A écouter en lisant... Si vous voulez...)
Elle a le cœur empli d’une souffrance sourde qu’elle mure chaque jour au plus profond de son être. Elle la muselle, la met en cage comme un fauve dompté, mais toujours imprévisible.
Elle réussit à donner au monde une image d’une femme calme et sereine mais ne peut retenir parfois les larmes de sa solitude et de son mal-être. Alors, elle s’isole derrière les verres fumés de ses lunettes, surtout au milieu de la foule.
Cela ne l’aide pas vraiment de les laisser s’écouler le long de ses joues pour en fin de compte les boire, une à une.... Elles reviennent en elle comme ses douleurs, toujours aussi acides et corrosives.
Elle se retrouve alors comme une marionnette, assise contre un mur, aussi froid qu’elle, recroquevillée, les yeux rouges et gonflés à espérer la chaleur d’une présence, la présence d’une chaleur humaine… Ses membres sont sans énergie, comme si les fils de sa vie étaient sectionnés.
Que faire, pour sortir la tête de ce marasme,  sinon penser à ce qu’elle a, ce qui lui reste, ce qui lui est le plus précieux, la chair de sa chair en son ventre. Elle espère une nouvelle aube plus clémente afin d’apaiser cette main qui écrase son cœur, prendre du recul et vivre au jour le jour les bons moments de la vie en laissant de côté les mauvais telles de vieilles images jaunies de la vie. Oublier qu’il ne sera plus là. Ne plus sentir la chaleur de ses doigts sur sa peau, la douceur de ses lèvres sur son corps. Elle ne peut qu’imaginer son regard, ses yeux qui savaient si bien lire en elle, ses joies comme ses peines, ses douleurs comme ses espoirs.
Facile à dire quand elle arrive à soumettre ses peurs, mais plus difficile à vivre quand elle se sent frustrée par tant de désirs non assouvis ou par les souvenirs trop présents, trop réels aussi.
Ce serait si facile de jouer à l’égoïste, d’aller de l’avant sans regarder sur les côtés de sa route, en écrasant les sentiments, les beaux principes, avoir une véritable carapace sur laquelle la souffrance glisserait sans la brûler, où les émotions seraient intenses mais éphémères, vouées à la poussière comme son amour.
Mais combien de temps tiendrait-elle ainsi dans un vide affectif et émotif, encerclée par ses peurs et ses doutes… N’est-ce pas se vouer à être éternellement seule, libre, de toutes contraintes, de tous vrais désirs mais seule. 
La liberté est-elle encore appréciable à ce prix ?
25 mars 2012
Merci à Laurent

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

...