21 avr. 2012

Cirque en émotions (texte)


Spot de lumière blanche. Spot de lumière rouge. Danse des rays sur la piste de sable.
Deux personnages s’avancent lentement, se découvrent, se révèlent, couple immortel des chapiteaux, tels deux jumeaux fantasques. Oxymore des émotions, le sérieux et le pitre, le triste et le joyeux, la larme et le sourire. Duo indissociable et irrésistible. Le Chapeau Blanc s’assied sur une chaise. Le Nez Rouge s’approche par derrière pour lui toucher l’épaule. Il sursaute et pousse un cri retentissant en se retournant. – rires du public – Face à face des partenaires.
Le Nez Rouge ramasse une paire de raquettes et en tend une au Chapeau Blanc au costume immaculé, incrédule d’abord, puis qui regarde la foule d’un air interrogatif. Le Nez Rouge est prêt à recevoir, en position tennistique, le derrière exagérément en l’air, les jambes écartées terminées par deux immenses chausses noires. Le Chapeau Blanc cherche du regard ce qu’il pourrait envoyer. Il ramasse une plume, l’a montre.
– Non ! Crie le public –
Oh ! Il sait. Il s’approche du Nez Rouge et d’un geste vif tire sur la boule rouge. Le Nez Rouge, outré, en tombe à la renverse de colère et de surprise mêlées, perdant sa pause et son joli chapeau, duquel glissent quelques objets. – Nouveaux rires du public –
Incompréhension du Chapeau Blanc. Le Nez Rouge ramasse son chapeau et trouve à côté quatre balles rouge, verte, bleue et jaune. Il s’en empare et commence à les lancer l’une après l’autre au Chapeau Blanc qui renvoie chaque rondeur à son adversaire. L’échange se transforme rapidement en un ballet de couleurs circulant d’une raquette à l’autre en formant d’étranges ellipses. Nez Rouge renvoie les balles entre ses jambes. Chapeau Blanc fait de rapides pirouettes.
– Silences émerveillés du public – jusqu’à l’arrivée inopinée de deux chiens, l’un costumé de rouge et l’autre de blanc. Et les voilà qui tournent, qui sautent, essayant d’attraper les balles qui s’élèvent peu à peu pour finalement atterrir dans un filet mis en lumière.
– Regards attirés vers les hauteurs du chapiteau – se posant sur les pieds et le corps svelte d’une jeune trapéziste. Un oiseau de paillettes qui vole au-dessus de la piste sur laquelle une poussière d’étoiles retombe. La piste est à présent plongée dans le noir, tandis que l’étoile se balance dans les airs, danse sur la barre, déployant les muscles de son corps. – tremblements du public – à chaque pirouette, – émotions – devant tant de grâce.
La pluie d’étoiles cesse. Une corde est lancée vers le sol. L’étoile pailletée se laisse glisser et se pose devant Nez Blanc et Chapeau Rouge tout éberlués de voir l’objet de leur contemplation de si prêt.
Un cheval blanc s’avance et pose un genou au sol. Ils aident l’étoile à se hisser. Le cheval commence à trotter autour de la piste tandis que l’acrobate – émerveille le public –, que les chiens sautent par-dessus la croupe de l’équidé. Nez Blanc et Chapeau Rouge ramassent des cerceaux dans lesquels les chiens bondissent. Tout est mouvement, tout est lumière, tout est délicatesse ou adresse.
Et tout se termine – par des applaudissements nourrit et chaleureux du public. –
Avril 2012

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