16 avr. 2012

Une bulle de musique (texte)


Une bulle de musique
                                                                                                          A Tibo de la lune


La mer est devant moi, alors que le soleil se couche sur la plage. Peu à peu, ses rayons dorés se raccourcissent pour bientôt disparaître derrière la montagne.
Les notes cubaines couvrent le brouhaha des consommateurs. La voix douce et chaude d’une chanteuse m’entraîne dans une bulle de musique qui m’isole dans mes pensées…
Je bois à petites gorgées la bière blonde dont les bulles pétillent sur mon palais, tandis que l’odeur d’un citron écrasé et sucré, oublié sur le comptoir du bar, enivre mes narines et je me sens soudain transporté en Amérique du sud.
Les vagues roulent, les palmiers dansent, le vent a chassé les nuages du ciel mais il n’a pas balayé les souvenirs de la nuit précédente.

Je ferme les yeux. J’entends sa voix. Je sens encore son souffle s’approcher, ses doux doigts glisser dans mes cheveux. Ses mains lourdes sur ma peau, laissant une trainée de plaisir sur leur passage. Je ressens ses lèvres chaudes et charnues, s’écrasant doucement sur les miennes, ma peau vibrer à ses caresses.
J’écoute encore nos corps s’entremêlant au son des notes reggae, nos corps s’unissant dans la fraîcheur du soir, au milieu des coussins, dans une explosion de couleurs tricotées. J’imagine ses doigts frôlant ma peau, comme ils avaient frôlé ma main posée un soir sur la rambarde d’un cirque, ses mains qui ont su étreindre mon corps avec tendresse et délicatesse.
Nos yeux se croisant. Nos doigts se joignant. Nos mains caressant nos cous, nos épaules, suivant l’infini chemin de courbes brunes et sable.

J’ouvre les yeux. Les vagues sont grises maintenant. Quelques rays orangés strient encore le ciel tandis que l’horizon s’assombrit.
Une guitare égraine des notes, la voix de la chanteuse se pose sur une nouvelle musique, l’accordéon accélère le tempo. Le précieux souvenir va se lover dans ma mémoire, telle une bulle d’émotions, de sensations.
Je termine ma bière et m’en vais, laissant derrière moi les dernières étincelles du jour.
Avril 2012


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