29 déc. 2014

Bric-à-brac (Texte)




La petite fille avait renversé sa caisse de jouets sur le sol plastique de l’auvent de la caravane. Il y avait des balles multicolores, des formes géométriques, deux peluches (un lapin bleu et une girafe verte, allez comprendre pourquoi, ce sont celles qu’elle adorait), quelques ustensiles de dinette, une multitude de Lego, des fruits et légumes en plastiques et autres...

Avec le tout, elle s’inventait des histoires, des histoires réelles, fantastiques au gré de ses envies, de ses humeurs. Elle les peaufinait dans sa tête pendant des heures jusqu’à ce que son petit frère se réveille : elle était alors en mesure de lui donner la meilleure version, celle dans laquelle une multitude d’objets étaient utilisés. Elle les lui présentait au fur et à mesure en les reposant tout autour d’eux, jusqu’à ce que leur père ou mère n’arrive.

Elle adorait voir les petits yeux verts de son frère pétiller, même s’il ne disait jamais rien. Ses lèvres aussi affichaient un sourire quand c’était amusant ou une moue triste lorsque l’aventure devenait dangereuse ou mortelle pour l’un des protagonistes de l’histoire narrée.

C’était leur rituel.

Après cela dépendait des parents…
« Range tout ce bric-à-brac Maëlys, nous allons à la plage. Si tu veux, tu peux prendre quelques jouets, mais tu laisses tes peluches… elles n’aiment pas vraiment le sable et la plage. »



Maëlys n’était pas d’accord. Ses peluches auraient adoré venir jouer dans le sable, toucher et goûter l’eau de la mer. Mais là, elle ne pouvait décider.
Alors elle choisit encore avec minutie les jouets les plus appropriés à l’invention d’une nouvelle histoire dans ce nouveau lieu. Et même si elle ne pouvait emporter ses deux doudous, elle raconterait à son petit frère qu’ils étaient allergiques au soleil ou aux posidonies, ou encore elle pourrait dire qu’ils avaient attrapé la varicelle… Peu importe… elle inventerait encore de nouvelles aventures avec son bric-à-brac, ne serait-ce que pour entendre la joie de son frère, pour voir ses yeux briller de plaisir, pour voir ses mains se tordre de peur… encore et encore…



© Claudine Mistral
18 juillet 2013 et 29 décembre 2014
Porquerolles et Auriol

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